Sur l’avenue de Champagne, à Épernay, la Maison Belle Époque n’est pas qu’une adresse historique ; c’est un conservatoire vivant de l’Art Nouveau. Abritant la plus importante collection privée du genre en Europe, avec des pièces signées Guimard, Majorelle ou Gallé, la demeure réactive cet hiver son dialogue entre patrimoine décoratif et haute gastronomie. Dès le mois de décembre, la Maison Perrier-Jouët y propose une partition culinaire orchestrée à six mains, réunissant la vision de Pierre Gagnaire, l’exécution du Chef Sébastien Morellon et l’expertise œnologique de la Chef de caves Séverine Frerson.
L’expérience s’articule autour d’un menu en cinq séquences conçu pour révéler la structure florale des millésimes de la Maison. L’entrée, un carpaccio de Saint-Jacques à la fleur de sel et aux agrumes, joue sur la tension minérale du Perrier-Jouët Blanc de Blancs, relevée par une fondue d’endives et des oignons doux moutardés. Cette approche de la texture se poursuit avec la cuvée Belle Époque Blanc de Blancs 2017, un hommage au Chardonnay, qui vient trancher l’onctuosité d’un pavé de lieu jaune rôti à la peau et badigeonné de miso blanc, servi avec une mousseline de pomme de terre aux algues.
La progression aromatique gagne en densité avec la cuvée Belle Époque 2016, associée à un œuf mollet nappé de sauce Périgueux et accompagné de chou braisé. Le point d’orgue de ce menu d’hiver réside cependant dans l’accord avec la cuvée Belle Époque Florescence 2015. Ce millésime accompagne d’abord de fines aiguillettes de canard gras enrobées d’une bigarade à l’orange et d’une purée de radicchio, avant de souligner la finale sucrée : un parfait glacé au sésame noir et pâte de pruneau au cognac Martell. Ici, la gastronomie ne cherche pas l’effet, mais la justesse de l’accord, transformant le repas en une lecture sensorielle du terroir champenois.



























