Home ModeFashion WeekNiccolò Pasqualetti SS26 : La géométrie de l’instable

Niccolò Pasqualetti SS26 : La géométrie de l’instable

by pascal iakovou
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C’est au Palais de Tokyo, le 5 octobre 2025, que Niccolò Pasqualetti a choisi de déconstruire l’idée même du glamour. Loin de la recherche d’une perfection statique, la collection Printemps-Été 2026 explore une zone de turbulence, un entre-deux où le vêtement est « tordu jusqu’à ce qu’il se brise ». Cette saison, le créateur s’intéresse à ce qui est délibérément incorrect, cherchant la tension entre le juste et le faux, le solide et le translucide.

L’architecture du vêtement est ici traitée comme une mécanique mobile. La structure n’est pas figée : des épaulettes apparentes glissent et se déplacent, altérant en temps réel les proportions du corps et du tissu. Cette reconfiguration perpétuelle se poursuit avec l’usage de fermetures éclair dissimulées dans les plis, permettant de modifier la chute des robes en plein mouvement. La coupe, géométrique à plat, se drape une fois portée, transformant la surface plane en volume fluide. Des panneaux simplement assemblés par des points lâches laissent entrevoir la peau, suggérant une fragilité assumée de la construction.

La matière raconte cette même histoire de contrastes. La densité d’un intrecciato tissé serré côtoie l’abondance de tulles sequinés et de perles complexes. Le travail du cuir d’agneau témoigne d’une précision technologique, avec des découpes laser formant une prolifération de motifs floraux. Cette organicité est brutalement interrompue par des éclats de métal qui percent certaines pièces, capturant une lumière froide mise en scène par Thierry Dreyfuss.

Au-delà de la forme, Pasqualetti intègre une réflexion sur la temporalité et la circularité de l’objet de mode. La collection inclut des pièces de saisons précédentes, réintroduites via le programme « Endless Runway » d’eBay, ainsi que des tissus réalisés à partir de déchets textiles recyclés grâce à la technologie Circ. Dans une atmosphère parfumée par les notes de Baie 19 de Le Labo , le créateur livre une vision où l’énergie circule entre les plans, suggérant une existence au-delà de la simple forme.

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