Paris reste l’ultime chambre d’écho pour une marque en quête de légitimité internationale. C’est dans ce contexte exigeant, le 3 octobre dernier, que Laformela a orchestré sa première présentation officielle, dévoilant sa collection Mainline 2026. Loin de la simple démonstration de style, cet événement marque un pivot stratégique : le passage d’une esthétique de niche à un écosystème produit structuré, capable de se confronter à la réalité du retail mondial.
La silhouette de cette saison se construit sur une ligne de crête, oscillant entre un tailoring discipliné et une expérimentation maîtrisée. La direction artistique revendique une narration « futur-rétro », où les archétypes féminins sont déconstruits par des finitions technologiques. Cette tension s’exprime par le contraste des matières : la matité du denim dévoré ou de la laine se heurte à la brillance de textiles innovants, tandis que le cuir vegan côtoie une maille nylon-laine à finition transparente. Ce jeu de textures n’est pas gratuit ; il sert une construction modulaire par « layering », permettant au vêtement de s’adapter plutôt que d’imposer.
Le point d’orgue de cette rigueur artisanale réside dans le traitement des pièces du soir. Certaines robes intègrent plus de 4 000 composants métalliques appliqués à la main, nécessitant plus de 200 heures de travail. Au-delà de la prouesse technique, ce geste minutieux tisse un lien avec l’histoire personnelle de Francesca Kolowrat, associée dirigeante, ancrant la modernité de la coupe dans une profondeur patrimoniale.
L’offre s’élargit également vers une fonctionnalité assumée, signalant une maturité commerciale. Des ensembles de bureau en soie grise ou des chemises en coton au rembourrage structuré côtoient désormais les pièces d’image. L’accessoire suit cette logique d’hybridation : les chaussures fusionnent les codes de la botte d’équitation, de l’escarpin et du mocassin, tandis que la lunetterie fait son apparition avec une édition limitée faite main. Enfin, l’introduction d’un dernier look masculin — pull épais et mocassins doublés de shearling — laisse entrevoir une future extension vers un vestiaire unisexe, confirmant que Laformela ne cherche plus seulement à habiller, mais à définir une allure globale.

































































