Dans une industrie de la parfumerie souvent polarisée entre le minimalisme radical et l’opulence orientale, le retour à la douceur poudrée marque un désir sociologique de réassurance. Avec Powder Love, dont la sortie est annoncée pour septembre 2025, la maison Juliette has a gun ne propose pas simplement un nouveau jus, mais une exploration de l’intime et du réconfort. Le créateur, abandonnant pour un temps les codes de la séduction agressive suggérés par le nom de la marque, se pose ici en « rêveur », cherchant à matérialiser l’impalpable texture d’un nuage.
La construction olfactive de Powder Love s’articule autour d’une régression assumée, mais maîtrisée techniquement pour éviter l’écueil du « trop sucré ». La partition s’ouvre sur des notes de barbe à papa et de guimauve, non pas traitées dans leur dimension collante, mais dans leur texture vaporeuse. Cet accord gourmand est structuré par la dragée, apportant une facette amandée légèrement sèche, et éclairé par la fleur d’oranger qui confère à l’ensemble une luminosité végétale. Le fond, dominé par un musc poudré, ancre la fragrance dans une tenue « seconde peau », évoquant la propreté rassurante du talc ou des cosmétiques d’antan.
Esthétiquement, le flacon traduit cette volonté d’abstraction onirique. Rehaussé d’un capot argenté, il conserve la silhouette cylindrique signature de la maison, mais se pare d’une teinte qui suggère la douceur tactile du contenu. Ce lancement s’inscrit dans une tendance de fond où le parfum devient un outil de soin émotionnel, une « bulle » isolante face au réel. En définissant cette création comme un « câlin vaporeux » (« cloudy kiss »), la direction artistique souligne que le luxe de 2025 réside peut-être moins dans la projection de soi que dans la reconquête d’une sérénité intérieure.









