est des transgressions qui, avec le temps, finissent par définir la norme. En 1980, l’idée d’associer l’or, métal noble par excellence, à la matérialité industrielle du caoutchouc relevait de la provocation horlogère. Quatre décennies plus tard, cette rupture fondatrice est devenue le socle d’une esthétique que Hublot qualifie aujourd’hui d’intemporelle. La sélection féminine présentée par la manufacture de Nyon ne se contente pas d’aligner des références ; elle raconte comment l’audace des matériaux s’est muée en une forme de classicisme contemporain, traversant les époques sans perdre sa radicalité originelle.
Cette persistance du geste s’incarne d’abord dans la Classic Fusion Original. Hommage direct au dessin de Carlo Crocco, cette pièce cultive une austérité étudiée : un cadran laqué noir, poli, dépouillé de tout superflu, qui contraste avec l’éclat de l’or jaune ou la froideur technique du titane. Disponible en diamètres contenus de 29, 33 ou 38 mm, elle réaffirme que la complexité n’a pas besoin d’être bruyante pour être technique. Ici, le luxe réside dans la tension visuelle entre le boîtier précieux et le bracelet en caoutchouc lisse, signature historique de la Maison qui a fait basculer l’horlogerie sportive vers l’univers du « sport-chic ».
Si la Classic Fusion joue la carte de l’héritage, la Big Bang One Click de 33 mm explore celle de la modularité. Dans un monde où l’objet doit suivre le rythme changeant des usages, le système breveté « One Click » permet de transformer l’allure de la montre d’une simple pression, passant du caoutchouc structuré au cuir ou au textile. Cette ingénierie de l’attache s’accompagne d’un travail de sertissage précis, où les diamants viennent souligner la lunette en acier ou en King Gold — cet alliage propriétaire contenant du platine pour en stabiliser la teinte solaire.
L’architecture s’impose enfin avec la Big Bang Integrated Beige, où la fusion se fait structurelle. Taillée dans un bloc de céramique ou de King Gold, cette pièce de 38 mm efface la frontière entre le boîtier et le bracelet grâce à un maillon intégré qui fluidifie les lignes. Ce design monobloc, inspiré par les codes modernistes, propose une vision plus sculpturale du temps, où la matière semble avoir été coulée d’un seul jet autour du mouvement. En revisitant ces fondamentaux, Hublot démontre que son « Art de la Fusion » n’est pas seulement une chimère technique, mais une méthode durable pour inscrire l’objet dans le temps long.








