C’est un mirage de titane et d’eau qui surgit des dunes, là où le silence du désert régnait autrefois en maître absolu. À l’horizon de Riyad, la ligne de crête des montagnes Tuwaiq s’apprête à accueillir une architecture de la sensation inédite. L’Arabie Saoudite inaugure un chapitre audacieux de son histoire culturelle avec l’ouverture conjointe de Six Flags Qiddiya City et du parc aquatique Aquarabia. Loin d’être de simples parcs à thème, ces infrastructures incarnent la matérialisation physique de la Vision 2030 : une prouesse d’ingénierie qui fusionne l’héritage du désert avec une technologie de pointe.
Six Flags Qiddiya : L’Architecture de l’Adrénaline
Oubliez tout ce que vous pensiez savoir sur les parcs d’attractions nord-américains. Pour son premier projet intégralement conçu et bâti hors de son continent d’origine, Six Flags déploie sur 320 000 m² une véritable cité de la démesure. Le parc s’articule autour de six mondes immersifs, allant de l’esthétique rétro-futuriste de Steam Town aux lumières féeriques des Twilight Gardens, en passant par The Citadel, véritable agora centrale mêlant spectacles et gastronomie.
Cependant, c’est dans la quête de l’absolu que Qiddiya impose sa marque. L’attraction phare, le Falcon’s Flight, se dresse comme une sculpture cinétique défiant les lois de la physique. Elle s’arroge un triple record mondial : une hauteur vertigineuse de 195 mètres, une course s’étirant sur 4,3 kilomètres et une vitesse de pointe hallucinante de 250 km/h. Dans un souci de confort et de modernité, l’expérience intègre des pare-brises réutilisables — une alternative élégante aux lunettes jetables — et un système de refroidissement des roues optimisé énergétiquement, prouvant que la performance peut dialoguer avec la conscience écologique. À ses côtés, la Sirocco Tower promet la chute libre la plus haute du monde, tandis que le Gyrospin réinvente le mouvement pendulaire à des altitudes jamais atteintes.
Aquarabia : L’Oasis Paradoxale
Le luxe suprême, en milieu aride, reste la maîtrise de l’eau. Situé à proximité immédiate de son homologue terrestre, Aquarabia s’affirme comme le plus vaste parc aquatique de désert, une oasis technologique conçue pour transcender les standards internationaux. L’audace ici est de proposer la première piscine à vagues du royaume capable de générer des rouleaux dignes de l’océan grâce à la technologie Endless Surf, offrant aux surfeurs une expérience authentique à des centaines de kilomètres des côtes.
L’immersion culturelle reste le fil conducteur de cette aventure aquatique. Les zones thématiques, inspirées par la faune locale et les paysages géologiques tels que Camel Rock ou Viper Canyon, ancrent le divertissement dans le terroir saoudien. Côté sensations, le Jamal Joom et ses 232 mètres de glisse ou le Speedy Jamezales, plus haut toboggan AquaLoop au monde doté d’un plancher escamotable, promettent des frissons aquatiques d’une rare intensité. Pour les tribus modernes, la FusionFortress 18 déploie une structure gargantuesque de 181 jeux d’eau, assurant une expérience ludique transgénérationnelle.
Une Modernité Responsable
Au-delà du spectacle, Qiddiya City tente de résoudre l’équation complexe du divertissement de masse et de la durabilité. Dans un environnement où chaque goutte compte, Aquarabia s’engage à utiliser de l’eau recyclée pour ses systèmes de refroidissement et l’irrigation de ses espaces verts, tout en valorisant 80 % de ses déchets.
Ces projets pharaoniques, qui devraient contribuer à hauteur de 135 milliards de riyals saoudiens au PIB une fois opérationnels, ne sont pas de simples attractions touristiques. Ils redessinent la carte mondiale du loisir, positionnant Riyad comme une nouvelle capitale du « soft power » par le divertissement, où l’héritage bédouin rencontre le futurisme le plus radical.





