Il y a des anniversaires qui appellent un simple toast, et d’autres qui méritent un retour en fanfare. Tiffany & Co. a choisi la seconde voie. Pour les 160 ans du tout premier chronographe de la Maison, créé en 1866, la maison new-yorkaise dévoile une réinterprétation spectaculaire : le nouveau Tiffany Timer, édité à seulement 60 pièces, qui fera son entrée à la LVMH Watch Week à Milan en janvier 2026. Un hommage assumé aux racines horlogères américaines, mais raconté avec ce mélange de précision suisse et d’irrévérence joyeuse propre à l’univers Tiffany.
La maison, qu’on associe spontanément à la joaillerie et à la délicatesse de son bleu iconique, rappelle ici qu’elle fut aussi l’une des pionnières du chronométrage scientifique et sportif. En 1866, bien avant que les cadrans Tiffany Blue ne deviennent des objets de désir, Charles Lewis Tiffany dévoilait un Timing Watch pensé pour la précision absolue. Deux ans plus tard, l’objet prenait le nom de « Tiffany & Co. Timer », marquant aussi l’ouverture de son atelier d’assemblage en Suisse. Le geste n’a rien d’anodin : Tiffany inscrivait alors sa signature dans le paysage horloger international. Century-old flex.
Dans cette réédition du XXIe siècle, chaque détail est pensé comme un clin d’œil à cet héritage. Le boîtier de 40 mm en platine s’étire en courbes fluides, ponctuées de poussoirs légèrement galbés qui protègent la couronne. Cette dernière reprend la forme du Tiffany Setting, la monture à six griffes qui a redéfini la bague de fiançailles moderne. Cohérence totale : même côté chronographe, Tiffany assume sa culture joaillière. Le cadran en Tiffany Blue® laqué est encore une performance à lui seul, résultat d’une fabrication quasi rituelle, où plus de 50 heures de travail et une vingtaine de couches de vernis se succèdent jusqu’à obtenir cette profondeur brillante qui semble absorber la lumière. Douze index en diamants baguette ponctuent l’ensemble avec une élégance nette, presque graphique.
Mais c’est au dos que l’on retrouve ce sourire typique Tiffany, ce petit twist qui transforme la haute horlogerie en terrain de jeu poétique. À travers le fond saphir, le rotor du calibre Zenith El Primero 400 – ici personnalisé – accueille un minuscule Bird on a Rock en or jaune 18 carats, sculpté et poli entièrement à la main. Comme si le célèbre oiseau imaginé par Jean Schlumberger avait décidé de faire un détour par un mouvement chronographe. Un détail inutile, donc indispensable.
Le mouvement lui-même mérite un arrêt : il s’agit d’un El Primero authentique, l’un des chronographes automatiques les plus respectés de toute l’horlogerie, recalibré spécialement pour accueillir l’oiseau, sans compromettre l’équilibre du calibre. Les compteurs tri-compax signature, la précision, la lisibilité immédiate, le tout logé dans une architecture en platine, donnent au Timer un langage horloger complet, très pur, presque académique. Mais jamais austère. Tiffany oblige.
Limitée à 60 exemplaires seulement, cette pièce s’adresse autant aux collectionneurs de complications qu’aux amateurs de design, à ceux qui aiment quand la technique et la joaillerie se parlent. Un chronographe qui raconte une histoire américaine avec un accent suisse, et ce petit humour bleu Tiffany qui traverse les décennies sans prendre une ride.


































