Home Beauté et parfumsL:a Bruket fait parler la pluie : Övernatur, Blixt et Dísir, trois parfums où le mythe suédois rencontre la peau

L:a Bruket fait parler la pluie : Övernatur, Blixt et Dísir, trois parfums où le mythe suédois rencontre la peau

by pascal iakovou
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Sous une lumière nordique qui aime les demi-teintes, L:a Bruket dévoile une collection de parfums pensée comme un triptyque tellurique : Övernatur, Blixt et Dísir. Ici, la nature n’est pas carte postale mais force première, celle qui soulève la mousse après l’averse et imprime au souvenir une odeur de terre. La Maison revendique une signature olfactive singulière — la géosmine, “odeur de la pluie” — pour relier instinct et paysage. Les fondateurs Monica Kylén et Mats Johansson le disent simplement : en Suède, « la frontière entre le réel et l’irréel est ténue », et le parfum devient pont entre folklore et présent.

Övernatur (“au-delà de la nature”) pose le décor : un boisé aromatique terreux, comme l’haleine de la forêt après l’orage. Mylène Alran, l’une des deux nez invités par la Maison, l’imagine « brut et réconfortant », travaillé autour d’aiguilles de sapin, de patchouli boisé, de résine d’épicéa, de lichen de chêne et de cette fameuse géosmine qui ancre la composition dans l’humus. C’est le parfum des semelles encore humides et des manteaux qui sèchent au seuil.

Blixt — l’éclair — électrise l’eau : un boisé ambré aldéhydé que Grégoire Balleydier conçoit comme une déflagration minérale, ourlée d’ozone métallique, de poudres incandescentes et d’ambres profonds. Les notes résonnent comme une averse frappant la roche, entre résines boisées et vapeur qui se dissipe. L’air est net, l’allure, tranchante.

Dísir, enfin, flirte avec l’aube. Un floral aquatique poudré — iris en souffle, rosée des prés, vapeur de riz, un voile de musc — que Mylène Alran referme sur une chaleur boisée, comme si un rayon bas venait caresser le duvet d’un pétale. Ici encore, la géosmine murmure en arrière-plan : la peau se rappelle la prairie quand la lumière se lève.

Au-delà des accords, la démarche affirme une épure artisanale : plus de 90 % d’ingrédients d’origine naturelle assemblés sur base végétale, sans filtres UV ni colorants, pour laisser chaque note « évoluer comme dans la nature ». Le flacon, fabriqué en France, évoque la céramique — clin d’œil aux origines potières de la Maison — avec un capot en bois et liège biodégradables. Une silhouette sobre, presque primitive, qui revendique la durée autant que la recyclabilité.

Disponibles en 100 ml (160 €) et 50 ml (110 €), les trois eaux de parfum seront proposées dès le 4 février 2026 sur labruket.com et dans une sélection de points de vente. La Maison précise un embargo jusqu’à la date de lancement — un secret bien gardé des forêts suédoises.

On retient la cohérence : une trinité olfactive qui raconte la pluie, la pierre, l’herbe, et ces esprits des légendes nordiques qui auraient, dit-on, façonné l’inattendu et le grandiose. Une proposition qui parlera aux esthètes cherchant des parfums d’atmosphère autant que de peau — des compositions qui ne crient pas au monde mais murmurent aux sens, et que l’on adopte comme on apprivoise une clairière.

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