Home Beauté et parfumsLes Osmiums d’Infiniment Coty Paris : concentrer l’ambre jusqu’à sa limite

Les Osmiums d’Infiniment Coty Paris : concentrer l’ambre jusqu’à sa limite

by pascal iakovou
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Avec Les Osmiums, Coty pousse sa collection Infiniment Coty Paris vers une zone rarement explorée : celle de l’extrait à quarante et un pour cent d’huile, pensé non comme un geste démonstratif, mais comme une expérience de densité.

La parfumerie contemporaine parle volontiers de sillage et de projection. Les Osmiums préfèrent un autre vocabulaire : masse, concentration, persistance. Le nom renvoie à l’osmium, métal le plus dense connu, difficile à travailler, presque impossible à imiter. Le parallèle n’est pas décoratif. Il décrit une intention de formulation : condenser, tenir, résister.

Au cœur du projet, un matériau restauré plutôt qu’inventé. L’Ambréine S, base historique d’Ambre Antique, premier grand ambré de la parfumerie moderne, renaît après un travail d’archéologie olfactive conduit par Dominique Vernaz. L’enjeu était technique : retrouver l’équilibre d’une base née d’un surdosage accidentel de vanilline et de bergamote, capable d’arrondir les matières sans les lisser. Ici, l’Ambréine S ne sert pas d’ornement. Elle agit comme un liant, amplifiant chaque ingrédient sans en gommer les aspérités.

Les trois extraits reprennent des piliers de la collection, réécrits en versions maximales. Encore Une Fois L’Osmium, composé par Fabrice Pellegrin, s’appuie sur un duo de vanille — absolu et infusion — renforcé par l’encens et le baume du Pérou. Le labdanum et l’Ambréine S apportent une profondeur résineuse, tandis qu’un accord Ambre Triple Infusion, exclusivité Coty, ajoute une patine boisée et épicée. Le résultat ne cherche pas la suavité immédiate : il s’installe, persiste, marque la peau.

L’Amour Pourpre L’Osmium, signé Dora Baghriche, travaille la tension. La lavande Diva Essence ouvre la composition, soutenue par la sauge, le géranium et la bergamote. Le fond bascule vers la chaleur : vanille, ciste, patchouli, Ambréine S et Ambre Triple Infusion. La structure repose sur un contraste maîtrisé entre fraîcheur aromatique et densité ambrée, sans recherche d’effet spectaculaire.

Avec Après L’Amour L’Osmium, Fabrice Pellegrin explore une autre verticalité. Gingembre, cannelle et baie rose initient le mouvement, relayés par un accord tabac puis un fond de vanille-gousse, benjoin et Ambréine S. Les bois ambrés structurent l’ensemble, donnant au sillage une direction plus droite, presque architecturale.

La donnée technique est claire : quarante et un pour cent d’huile de parfum, complétés par ce que Coty nomme une Aura Moléculaire. L’information n’a de sens que par ses conséquences. Les extraits ne projettent pas ; ils s’ancrent. Ils privilégient la tenue et la transformation lente sur la peau, au détriment de la volatilité.

Le flacon accompagne cette logique. Le format se resserre à quarante millilitres. Le bleu, inspiré de l’osmium, se décline en mat sur le capot, métallisé sur l’étiquette. Aucun décor superflu : un objet condensé, conçu pour faire écho à la concentration de la formule.

Les Osmiums ne cherchent pas à redéfinir l’ambré. Ils en testent les limites physiques. Une proposition qui rappelle que, dans la parfumerie de luxe, l’audace peut encore passer par la technique, la mémoire des formules et la précision des dosages, plutôt que par le récit.

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