Home Food and WineLa Maison du Chocolat transpose un bronze animalier en pièce de Pâques

La Maison du Chocolat transpose un bronze animalier en pièce de Pâques

by pascal iakovou
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À l’occasion de Pâques 2026, la Maison du Chocolat confie au chocolat un rôle rarement assumé : celui de matériau sculptural. À partir d’un bronze de Jacques Owczarek, Nicolas Cloiseau compose une pièce de 1,350 kg où angles, textures et densités deviennent langage.


Il faut partir du volume.
Avant le goût, avant même la matière, il y a cette silhouette tendue, presque anguleuse, qui évoque moins un animal qu’un principe de construction.

Le crocodile choisi par Nicolas Cloiseau n’est pas une figure décorative. Il provient directement du travail de Jacques Owczarek, sculpteur autodidacte qui, depuis son atelier parisien, laisse la forme émerger sans croquis préalable. « L’animal n’est qu’un prétexte à des volumes », explique-t-il.

Ce principe est ici conservé : le chocolat ne reproduit pas l’animal, il hérite de la logique du bronze.


Traduire le bronze en chocolat

La pièce, nommée Tanakio, repose sur un moule sur mesure dérivé d’un original en bronze. Le passage d’un matériau à l’autre impose une contrainte : là où le métal supporte la masse, le chocolat exige une architecture interne précise.

Le corps est constitué d’une superposition de chocolat noir à 56 % et de chocolat au lait à 35 %, articulés autour d’un praliné amande enrichi de crêpe dentelle. Ce montage n’est pas seulement gustatif : il permet de stabiliser les volumes tout en créant des ruptures de texture.

La surface, elle, introduit un autre registre. Une plaque ajourée de 90 perforations vient fragmenter la lumière et suggérer une peau sans jamais la décrire littéralement. Le geste rejoint ici celui du sculpteur : évoquer plutôt que représenter.


Le détail comme structure

Détail

  • Dimensions : 40 cm × 18 cm × 18 cm
  • Poids : 1,350 kg
  • Chocolats : noir 56 %, lait 35 %
  • Structure : praliné amande, crêpe dentelle
  • Surface : plaque ajourée à 90 perforations
  • Éléments périphériques : œuf facetté (noisettes du Piémont), œufs garnis, fruits secs (pistaches, amandes)

Autour de cette pièce centrale, Cloiseau développe un vocabulaire secondaire : œufs facettés, moulages géométriques, pralinés texturés. Tous reprennent un même principe : la fragmentation des surfaces.

L’œuf, forme lisse par tradition, devient ici un objet angulaire. Le chocolat cesse d’être une enveloppe pour devenir une structure à lire.


Du geste artisanal au langage formel

Ce qui se joue dans cette pièce dépasse le registre saisonnier. La Maison du Chocolat ne cherche pas à renouveler les figures de Pâques, mais à déplacer leur statut.

Le chocolat, habituellement associé à la fugacité, adopte ici les codes de la sculpture :

  • travail du plein et du vide,
  • tension des lignes,
  • circulation du regard autour de l’objet.

À l’inverse, la sculpture accepte une forme de disparition programmée. Elle est destinée à être fragmentée, consommée, détruite.


Ce renversement discret dit quelque chose de l’époque.
Les métiers d’art ne se contentent plus de préserver un héritage : ils cherchent des terrains d’expression nouveaux, parfois inattendus, où la matière impose d’autres règles.

Ici, le bronze devient comestible.
Et le chocolat, pour un instant, devient architecture.

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