La collaboration entre Puma et la designer néerlandaise Daniëlle Cathari ne réinvente rien. Elle retexture. Deux modèles — la Suede et la Speedcat — sont enveloppés d’un suède épais, presque pelucheux, dont la densité change la lecture visuelle de silhouettes pourtant archi-documentées. Ce n’est pas un exercice de style. C’est un travail de matière.
Le suède comme argument
Cathari ne redessine pas les chaussures. Elle en modifie la surface. Le suède utilisé ici est qualifié de « fuzzy » — un anglicisme qui désigne une texture intermédiaire entre le velours et la peau de pêche. Résultat : la lumière accroche différemment. Les bords s’adoucissent. La Suede, modèle historiquement lié au basket des années 1960, perd son côté net pour gagner en présence tactile. La Speedcat, silhouette inspirée des chaussures de course automobile, adopte la même logique. Deux objets connus, rendus étrangers par un choix textile.
Champignons et araignées comme vocabulaire chromatique
Les coloris ne sont pas « inspirés de la nature » au sens décoratif du terme. Cathari travaille avec précision : rouge cap-mushroom pour la Suede, tons mousse poussiéreuse (dusty moss) pour la Speedcat. Ces références mycologiques ne relèvent pas du folklore botanique, mais d’une lecture formelle : la palette des champignons offre des saturations riches sans tomber dans le fluo ni le pastel. C’est une couleur dense, organique, qui refuse le spectre habituel des collaborations streetwear (noir/blanc/rouge primaire).
Le détail le plus précis se trouve sur le talon : des formes débossées — gravées en creux, sans couture apparente — évoquent des yeux d’araignée. Elles fonctionnent aussi comme logo de Cathari. Le dossier de presse ne précise ni la technique de débossage (gravure thermique ? presse mécanique ?) ni les dimensions exactes de ces motifs. On suppose un travail au millimètre, une tolérance faible pour que le relief reste lisible sans affaiblir la structure du suède.
Personnalisation minimale
Options de laçage interchangeables. Formulation sobre pour un geste qui, en réalité, change peu le produit mais signale une intention : permettre à l’usager de moduler l’objet. Ce n’est pas du sur-mesure, mais une ouverture — légère — sur la modularité. La semelle reste en gomme classique, matériau fiable, non marquant, qui ancre les deux modèles dans leur ADN sportif originel sans chercher à les « lifestyle-iser » artificiellement.
Campagne : textures et silence




Les visuels campagne mettent en scène les chaussures « at ease » — formule anglaise élégante pour dire : posées, dans une lumière douce, sans emphase. Tons naturels, textures lisibles, absence de mise en scène urbaine hyperactive. C’est cohérent avec l’approche de Cathari, qui depuis ses débuts privilégie le contraste subtil et la féminité construite sur la matière, pas sur la forme. Ici, elle transpose cette méthode à deux icônes masculines du catalogue Puma.
Disponibilité : Puma x Daniëlle Cathari, à partir du 7 février 2026 sur PUMA.com, flagships Puma et revendeurs sélectionnés.

