Pour l’automne-hiver deux mille vingt-six, Weill revient à l’essentiel : la veste. Non comme relique patrimoniale, mais comme outil d’allure. Nouvelle Vague n’actualise pas un mythe ; elle en précise la grammaire.
Chez Weill, la veste n’est pas un motif. C’est une méthode. Depuis les années cinquante, elle structure un vestiaire qui s’adresse à la Parisienne sans la figer. La collection FW26 assume ce socle et le travaille par déplacement. Les tweeds sont omniprésents — étoffes texturées, parfois aériennes — mais jamais nostalgiques. Les ourlets sont renforcés de chaînes pour l’aplomb, les épaules restent étroites, les lignes nettes. Rien d’ornemental : des décisions de coupe.
Ce retour au geste s’inscrit dans une histoire longue. Fondée en mille huit cent quatre-vingt-douze par Albert Weill, la Maison s’est construite à l’intersection de l’atelier et de l’industrie. En mille neuf cent cinquante, Jean-Claude Weill introduit en France le prêt-à-porter moderne, confiant l’image à Publicis : logo Calèche, slogan « Weill vous va ». Une promesse d’usage, pas de statut.
Nouvelle Vague reprend cette promesse à la lettre. Les tailleurs sont parfaitement coupés mais se portent avec un jean. Les pantalons à pont sont revisités. Les blouses oversized dialoguent avec des tee-shirts brodés. Les trenchs en denim citent Jean Seberg sans la pasticher. La palette — bruns, beiges, pastels fidèles à l’ADN — évite l’effet saisonnier et vise la continuité. La féminité est une question d’attitude, pas de décor.
La matière raconte la même exigence. Tweeds à l’esprit craft, crêpes de laine à la main dense, denims haut de gamme : les tissus sont sourcés en France et en Italie, issus des filières du luxe. Le détail compte — boutons dorés, ganses, finitions — mais il ne détourne jamais l’attention de la coupe. La veste reste l’axe autour duquel tout s’organise.
Cette saison introduit aussi la capsule de manteaux « W » en drap de laine. Inspirées des archives, ces pièces revendiquent des volumes justes et une construction lisible. Un manifeste discret : le manteau comme prolongement naturel de la veste, même logique d’équilibre, même refus de l’effet.
Sous la direction d’Elie Weill, la Maison ne cherche pas à rajeunir son image ; elle la clarifie. La « couture à porter » n’est pas un slogan. C’est une discipline quotidienne faite de choix précis, répétés. À Saint-Germain-des-Prés, le nouveau concept magasin prolonge cette idée : une maison plus qu’une boutique, lumière du jour, matériaux calmes, temps accordé à l’essayage.
Nouvelle Vague ne parle pas de retour. Elle parle d’usage. D’une veste qui se décale, se dépareille, se garde. Dans un paysage saturé d’images, Weill choisit la constance. Et rappelle, sans insister, qu’un vêtement juste traverse les modes parce qu’il a été bien fait.


























