Une étude de la posture défensive à travers une collection où le cuir et la laine melton servent de membranes protectrices contre le monde extérieur.
L’architecture du combat
La silhouette de cette saison ne se contente pas d’habiller ; elle impose une attitude. Puisant dans son passé de boxeur professionnel, Arashi Yanagawa a construit des pièces qui forcent le corps à adopter une garde. Les manches, radicalement déportées vers l’avant, et les lignes d’épaules projetées créent un dos voûté, évocation directe de la tension qui précède l’affrontement. Cette ingénierie textile, dépourvue de tout ornement superflu, transforme le manteau long et le blouson de cuir en dispositifs de protection psychologique.
Matières boréales et métaux rituels
Le lexique sensoriel de la collection puise sa force dans une esthétique empruntée au black metal scandinave. Le noir profond des nuits nordiques dialogue avec des gris argentés et des blancs immaculés, rappelant la morsure du froid. Les textiles sont choisis pour leur densité : la laine melton, le flannel de soie et le cuir argenté agissent comme des barrières isolantes. L’accessoirisation, marquée par un cloutage régimenté, n’a aucune visée décorative ; elle fonctionne comme un signal de distance délibérée envers la société.
Détail technique Les bottes de combat, nées d’une collaboration avec Kids Love Gaite, utilisent le cuir Elbamatt Liscio de la tannerie Tempesti. Montées sur des semelles Vibram, elles garantissent une durabilité technique qui répond à l’exigence de protection du corps.
Le genre comme armure
La ligne féminine transpose les constructions traditionnelles du vestiaire masculin pour affirmer une puissance radicale. On y retrouve des jupes en denim aux plis profonds, inspirées des uniformes Hakama et Tokkofuku des gangs de motards japonais, ainsi que des épaules exagérées qui redéfinissent la stature. L’ensemble forme un système cohérent de défense et d’indépendance, loin des cycles éphémères de la mode.
Cette collection rappelle que le vêtement, dans sa forme la plus pure, reste notre premier territoire de souveraineté.
































