La collection intitulée «Bissakarak» d’Imane Ayissi naît de l’instant où la main glisse sur le papier pour créer le premier croquis. Le nom de la collection, emprunté à la langue ewondo, natale du créateur, se traduit par « gribouillis » ou « premier jet ». C’est dans cet intervalle fragile entre la pensée et la forme que le vêtement prend vie.


Ayissi adore ce processus où le silhouette et les volumes commencent seulement à apparaître, et où les tissus s’animent sur le corps. Pour elle, cela rappelle la tradition africaine d’enrouler le corps dans un tissu, où l’important n’est pas le résultat parfait mais l’effet de mouvement. Chaque pièce, à l’instar du tissu ceinturé, est en constante transformation et offre une possibilité de réinvention personnelle. Dans cette collection, ce geste se réalise : le vêtement devient un outil de créativité et de liberté.



Les drapés, les plis et les multiples façons d’attacher le tissu incarnent la quintessence de cette idée. Ayissi explore une infinité de formes, s’inspirant de la Grèce antique et des chefs africains, ainsi que de l’héritage de Vionnet et de Madame Grès. Les tissus – kente du Ghana, raphia de Madagascar, ceintures tissées du Nigeria – rencontrent la soie faille et le gazar, racontant une seule histoire : celle de la possibilité de renaître. Les couleurs et textures des étoffes offrent des métamorphoses infinies.


Le designer puise également son inspiration dans la peinture : les œuvres de Rothko au Museum of Modern Art de New York impressionnent par la profondeur et la liberté des couleurs. Certains silhouettes reflètent l’énergie et la douceur des teintes de l’artiste. La collection incarne une création toujours vivante, mouvante et ouverte à la transformation.
Photos : Avec l’aimable autorisation de la marque

