Le retour à une silhouette structurée marque une étape de transition pour la Maison Givenchy, illustrée lors de la première parisienne de Marty Supreme. L’apparition de Timothée Chalamet dans une création sur mesure signée Sarah Burton n’est pas une simple formalité de tapis rouge, mais l’affirmation d’un lexique tailleur retrouvé, où la technicité de la coupe reprend ses droits sur l’ornement.
L’architecture de la laine brune
L’ensemble se compose d’une veste croisée en laine brune à revers à pointe, dont la construction évoque une rigueur architecturale précise. Ce choix chromatique, volontairement sourd et terreux, rompt avec les noirs conventionnels pour explorer une palette plus organique et mémorielle. Le travail de Burton se manifeste dans l’équilibre des proportions : la tension de la laine et la netteté du tombé soulignent un savoir-faire de manufacture où chaque millimètre est calculé pour habiter l’espace sans artifice.
Le détail : La double pince
Détail technique Le pantalon présente une double pince (double pleat), une technique traditionnelle permettant de créer une aisance structurelle au niveau des hanches tout en conservant une ligne de jambe impeccable. Ce choix favorise un mouvement fluide de la matière, caractéristique du vestiaire masculin classique réinterprété avec une exigence contemporaine.
Un récit de transmission
Le dialogue entre la Maison Givenchy et le nouvel héritage apporté par Sarah Burton suggère une volonté de pérennité. En privilégiant une chemise en coton blanc pur sous une structure double boutonnage, l’intention est claire : revenir à l’essence de l’objet, à sa matérialité et à son usage. Ce geste créatif ne cherche pas à impressionner par le spectaculaire, mais à rassurer par la justesse d’une coupe qui semble avoir toujours existé.
L’évolution de cette collaboration au sein de l’Atelier Givenchy laisse entrevoir une redéfinition du luxe masculin, où la discrétion de la mesure devient le nouveau vecteur de distinction culturelle.


