On a longtemps redouté que l’intelligence artificielle ne rende le travailleur humain obsolète, mais une théorie économique plus radicale suggère désormais un déplacement du risque : l’obsolescence du consommateur lui-même. Dans les cercles fermés de la Silicon Valley, un calcul froid se dessine, envisageant un système capable de pivoter vers une autonomie totale où l’humain n’est plus requis, ni pour produire, ni pour acheter.
Cette vision, décryptée notamment par le théoricien des médias Douglas Rushkoff, décrit l’émergence d’une économie circulaire technocratique. Dans ce modèle, le « nouveau client » n’est plus un individu, mais un agent autonome utilisant des cryptomonnaies pour acquérir de la donnée et de la puissance de calcul. Le marché continuerait ainsi de tourner en boucle fermée, affranchi de la solvabilité humaine. Cette perspective s’accompagne d’une « Exit Strategy » où l’accumulation de richesses précède un retrait stratégique vers des bunkers privés, anticipant un effondrement sociétal plutôt que de chercher à l’éviter.
L’analyse de cette posture révèle moins une vision d’avenir qu’un aveu de faiblesse. Ceux qui misent sur l’autarcie et la survie isolée font preuve d’un « pessimisme pathologique », ayant perdu foi dans la capacité régénératrice du système qui les a pourtant portés. Le véritable leadership, et par extension le luxe véritable, ne réside pas dans la construction d’un canot de sauvetage exclusif, mais dans la volonté de maintenir le navire à flot. La technologie, loin de devoir servir d’échappatoire à la réalité, devrait être l’outil de sa réparation, réaffirmant la primauté du lien social sur la simple transaction automatisée.
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