En 1953, Marilyn Monroe murmurait à l’écran une requête devenue culte : « Talk to me Harry Winston, tell me all about it ». Si la phrase, tirée de la chanson Diamonds Are a Girl’s Best Friend, relevait de la séduction hollywoodienne, elle touchait pourtant à une vérité fondamentale de la Maison new-yorkaise : le dialogue. Chez Harry Winston, le diamant n’est pas un monologue minéral, mais une conversation. Avec la nouvelle collection de Haute Joaillerie Talk to Me, Harry Winston, la Maison ne se contente pas de sortir des archives ; elle réactive cette capacité unique à faire « parler » les gemmes, structurant son récit autour des trois titres de noblesse acquis par son fondateur : le Roi des Diamants, le Joaillier Rare du Monde et le Joaillier des Stars.
Le premier chapitre, « King of Diamonds », rappelle que l’audace d’Harry Winston résidait d’abord dans son instinct de chasseur de pierres brutes. Cette traque de l’exceptionnel trouve aujourd’hui son écho dans un collier défiant la gravité, où une tourmaline Paraíba triangulaire de 16,10 carats semble flotter au sein d’un cluster de diamants. L’architecture du bijou s’efface pour laisser la pierre dicter sa loi chromatique, un bleu électrique soutenu par un diamant jaune poire de plus de 5 carats. Ici, le sertissage n’est pas une contrainte technique, mais une ponctuation silencieuse qui laisse la gemme s’exprimer seule.
Cette philosophie culmine dans le volet « Rare Jeweler of the World », qui rend hommage à une pratique singulière du fondateur : l’acquisition de collections d’État ou privées pour en libérer les pierres. Winston n’hésitait pas à dessertir des joyaux historiques pour les retailler, les débarrassant de montures désuètes pour révéler leur éclat moderne. Cette approche radicale se matérialise dans le collier Cabochon Sapphire, dominé par un saphir pain de sucre de 65,61 carats. La pureté géométrique du cabochon, encadrée de diamants taillés sur mesure pour en épouser les flancs pyramidaux, illustre une maîtrise du volume où le luxe réside dans la soustraction du superflu.
Enfin, le titre de « Jeweler to the Stars » ne renvoie pas ici à la vanité des tapis rouges, mais à la science de la lumière. Harry Winston a très tôt compris que le glamour n’était pas une question d’accumulation, mais de cinétique. Les créations, comme la broche en rubis de 5,01 carats suspendue au-dessus d’une perle baroque, sont pensées pour le mouvement. Chaque diamant est une note dans une partition visuelle complexe, conçue pour capter le flash des photographes sous tous les angles. Dans cette collection, Harry Winston ne se contente pas de répondre à Marilyn ; il prouve que si les pierres pouvaient parler, c’est bien son langage qu’elles choisiraient.















































