Un objet souple, posé sur une table blanche, semble hésiter entre accessoire et vêtement. Il ne protège pas vraiment, ne cache pas totalement, ne s’impose jamais. Il enveloppe. C’est sans doute là que commence l’iPhone Pocket, dans ce geste presque oublié : porter plutôt que contenir.
Né d’une collaboration entre ISSEY MIYAKE et Apple, l’iPhone Pocket ne relève ni du gadget technologique ni du simple objet de mode. Il s’inscrit dans une réflexion plus ancienne, chère à la maison japonaise : celle du vêtement comme structure ouverte, adaptable, capable d’accueillir le corps — ou ici, l’objet — sans jamais le contraindre. Le concept fondateur, a piece of cloth, irrigue toute la pièce. Une seule surface textile, travaillée en maille 3D, capable de s’étirer, de se resserrer, de vivre avec ce qu’elle contient.
La référence au plissé n’est pas décorative. Elle est structurelle. La maille côtelée évoque les recherches historiques d’Issey Miyake sur le mouvement et la modularité, mais transposées ici à un usage quotidien contemporain : le téléphone, prolongement constant de la main et du regard. L’iPhone Pocket ne cherche pas à effacer cette présence. Au contraire, il l’assume. Le textile ajouré laisse deviner l’écran, les contours, parfois même la couleur de l’appareil. Le contenu n’est jamais dissimulé, simplement accompagné.
Ce qui frappe, c’est la manière dont l’objet refuse toute hiérarchie entre mode et technologie. L’expertise de l’Apple Design Studio s’inscrit dans la continuité du geste textile, sans surenchère fonctionnelle. Le design reste volontairement élémentaire. Pas de fermeture complexe, pas de structure rigide. Une poche supplémentaire, pensée comme une extension du vêtement, que l’on peut porter à la main, sur le corps ou attachée à un sac. La technologie accepte ici de se plier — littéralement — au rythme du corps.
La palette chromatique joue un rôle discret mais essentiel. Citron, mandarine, violet, saphir, cannelle, noir. Des couleurs franches, presque joyeuses, qui rappellent que l’objet n’est pas conçu pour disparaître mais pour dialoguer avec son porteur. Deux longueurs seulement, deux proportions, comme pour éviter toute tentation de gamme exhaustive. L’iPhone Pocket préfère l’évidence à la multiplication.
Fabriqué au Japon, proposé en édition limitée, l’objet s’inscrit dans une temporalité mesurée. Il ne prétend pas résoudre un problème, ni redéfinir un usage. Il propose autre chose : une relation plus douce à un objet devenu omniprésent. Dans un paysage saturé d’accessoires techniques cherchant à optimiser, protéger, renforcer, l’iPhone Pocket fait un pas de côté. Il suggère que l’innovation peut aussi consister à simplifier le geste, à redonner au textile sa capacité première : envelopper le quotidien sans jamais l’alourdir.









































































