Home ModeFashion WeekKIMHĒKIM Printemps–Été 2026 : I Feel Love, la joie comme structure

KIMHĒKIM Printemps–Été 2026 : I Feel Love, la joie comme structure

by pascal iakovou
0 comments

Au Palais de Tokyo, la lumière ne cherche pas l’effet. Elle pulse. Elle accompagne un mouvement intérieur. Pour le printemps–été 2026, KIMHĒKIM célèbre neuf années d’existence avec une collection qui ne regarde ni en arrière ni ailleurs, mais à l’intérieur : I Feel Love. Un titre simple, presque naïf, qui cache une construction précise, nourrie de mémoire, de rythme et de savoir-faire.

Chez Kimintē Kimhēkim, la mode a toujours été un espace de réconciliation. Né en Corée, formé à Paris, élevé entre hanbok traditionnels et techniques de couture française, le créateur n’oppose jamais héritage et modernité. Il les fait dialoguer. Cette saison, le dialogue s’organise autour d’un axe inattendu mais cohérent : la rencontre entre l’énergie du disco des années 1970 et la vitalité émotionnelle de la K-pop contemporaine.

Les silhouettes empruntent aux années disco leur fluidité et leur sensualité assumée. Les lignes sont nettes mais jamais rigides. Le corps est célébré sans être contraint. Les éléments signatures de la Maison — perles, nœuds, cœurs, denim retravaillé — réapparaissent, non comme des clins d’œil nostalgiques, mais comme des repères stabilisateurs. Tout est plus épuré, plus mobile. La joie n’est pas décorative ; elle est structurante.

La collection s’inscrit dans la continuité de la série Obsession, développée depuis 2021, où KIMHĒKIM explore des détails obsessionnels et des silhouettes expérimentales. Ici, ces obsessions sont apaisées, intégrées dans un vestiaire plus lisible. Les volumes respirent. Les matières captent la lumière sans la retenir. Le geste couture, hérité des maisons parisiennes où Kimintē s’est formé, se met au service d’une émotion immédiate, presque instinctive.

Le défilé était aussi un moment de célébration collective. La scénographie, la lumière signée par Thierry Dreyfus, et le mouvement orchestré par Nicolas Coutsier ont transformé la présentation en expérience sensible. Rien n’écrase le vêtement. Tout l’accompagne. La musique originale composée par Hyeonjeong Seo installe un battement continu, comme un cœur qui refuse de ralentir .

En parallèle, la Maison dévoile une collaboration avec ASICS. Des sneakers infusées du motif cœur emblématique de KIMHĒKIM, légères, presque ludiques, qui viennent troubler l’héritage performance de la marque japonaise sans le trahir. Là encore, le propos est clair : introduire de la douceur dans des structures existantes.

I Feel Love n’est pas une collection manifeste. C’est une respiration. Une manière de rappeler que la mode peut encore être un lieu de plaisir sincère, sans ironie ni surenchère. Chez KIMHĒKIM, l’amour n’est pas un slogan. C’est une méthode. Une façon de tenir ensemble le dedans et le dehors, le passé et le présent, le jeu et la rigueur. Et, pour un instant, de faire briller quelque chose de simple : la joie d’être soi.


Related Articles