La légende Borsalino ne se contente plus d’orner les têtes depuis 1857. Avec White Iris, second chapitre olfactif de sa collection B&W dévoilé en octobre 2025, la maison d’Alessandria prolonge son dialogue avec l’élégance intemporelle en inscrivant désormais son héritage dans l’univers de la haute parfumerie. Après le triomphe de Black Iris en février dernier, ce nouvel opus féminin complète un duo pensé comme une rencontre amoureuse — une proposition audacieuse qui fait du parfum un prétexte narratif autant qu’un objet de désir.
Ce qui frappe d’emblée dans cette démarche, c’est l’intention affichée de créer non pas un simple pendant féminin, mais un véritable rendez-vous olfactif. Black Iris et White Iris ont été conçus pour se porter ensemble lors d’un premier rendez-vous, incarnant respectivement la figure masculine enveloppée de mystère et la silhouette féminine radieuse. Cette approche, qui évoque les duos légendaires du cinéma italien — celui-là même que Borsalino a tant habillé —, témoigne d’une compréhension fine de la construction narrative au sein du luxe contemporain. L’homme Borsalino rencontre la femme Borsalino : le parfum devient scénario, le flacon devient personnage.
La composition signée Nicolas Bonneville pour DSM-Firmenich s’articule autour d’un ingrédient noble, l’iris d’Italie, traité ici dans une interprétation lumineuse et gourmande. En tête, l’essence de bergamote et le citron sfuma — tous deux rigoureusement italiens — préparent le terrain pour cet iris velouté qui constitue le cœur du propos. Mais c’est dans le développement que White Iris révèle sa singularité : l’absolu de jasmin morning d’Inde et la fleur d’oranger apportent une fraîcheur radieuse, tandis qu’une touche subtile d’amande évoque la liqueur Amaretto, injectant une douceur gourmande qui échappe à la tentation sucrée. Le fond — praliné, cèdre de Virginie, patchouli Prisma d’Indonésie — laisse une empreinte chaleureuse, signature de sophistication et de séduction revendiquée. Cette construction pyramidale évite le piège du floral convenu et assume une sensualité plus complexe, entre élégance poudrée et gourmandise maîtrisée.
Sur le plan esthétique, le flacon prolonge l’hommage que Borsalino rend à son propre patrimoine. Le bouchon, inspiré d’un chapeau féminin raffiné, et l’étiquette rappelant un ruban apparaissent désormais dans un blanc lumineux rehaussé de la signature bordeaux emblématique de la maison. À travers le verre transparent, le jus ambré révèle une teinte qui oscille entre charme vintage et modernité épurée. Rétro sans être nostalgique, le design évoque le glamour du cinéma classique — féminin, gracieux, résolument chic. Cette référence au septième art n’est pas anodine : Borsalino, depuis plus d’un siècle et demi, a coiffé les plus grandes stars et contribué à façonner l’imaginaire visuel de l’élégance italienne.
Il convient de replacer cette incursion parfumée dans une stratégie plus vaste. Fondée en 1857, Borsalino incarne l’excellence artisanale transalpine dans la fabrication de chapeaux, un savoir-faire transmis de génération en génération à Alessandria. Aujourd’hui propriété de ChimHaeres Investment Holding, société d’investissement spécialisée dans les marques de luxe et lifestyle, la maison s’engage dans un repositionnement olfactif ambitieux en collaboration avec Perfume Street, société parisienne dirigée par Arthur Cukier. Perfume Street, spécialisée dans la création et le développement d’univers olfactifs pour des maisons d’héritage, gère l’ensemble du processus créatif — de la direction artistique à la production et à la distribution. Ce partenariat illustre une tendance croissante dans le luxe : la valorisation de patrimoines iconiques à travers des extensions de lignes contrôlées, pensées avec exigence et cohérence narrative.
Le lancement mondial de White Iris, effectif depuis le 1er octobre 2025, s’appuie sur une distribution sélective incluant Nocibé.fr ainsi que les sites officiels de Borsalino (www.borsalino.com) et de Perfume Street. Le parfum Borsalino White Iris Eau de Parfum Spray est proposé en trois formats : 10 ml à 25,95 euros, 50 ml à 95 euros, et 100 ml à 120 euros. Un positionnement tarifaire qui situe la marque dans le segment premium accessible, sans verser dans la massification.
Mais ce premier duo romantique n’est que le prélude d’une saga olfactive plus ambitieuse. Borsalino annonce de nouveaux chapitres en 2026 et 2027, promettant de capturer les moments emblématiques de la romance à l’italienne à travers le langage des parfums. Cette approche sérielle, inspirée des codes du storytelling contemporain, transforme la collection B&W en récit épisodique — une stratégie narrative qui fidélise autant qu’elle intrigue. Le premier rendez-vous n’est que le début d’une histoire qui promet de se déployer, chapitre après chapitre, au gré des saisons et des humeurs.
Ce que révèle White Iris, au-delà de sa composition soignée et de son design cinématographique, c’est une certaine vision du luxe italien moderne : celle qui ne renie rien de son héritage artisanal tout en embrassant la culture narrative du XXIe siècle. Borsalino ne se contente plus de coiffer les têtes : elle habille désormais les âmes, avec la même élégance intemporelle qui a fait sa légende. Et c’est peut-être là, dans cette capacité à réinventer sans trahir, que réside la vraie séduction de White Iris.











