Home Food and WinePerrier-Jouët chez Maxim’s : la Belle Époque comme décor vivant, jusqu’à mars 2026

Perrier-Jouët chez Maxim’s : la Belle Époque comme décor vivant, jusqu’à mars 2026

by pascal iakovou
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Au premier étage de Maxim’s, rue Royale, le bar reprend ce rôle rare à Paris : celui d’un intérieur qui ne sert pas seulement des verres, mais une atmosphère entière. Perrier-Jouët y réinstalle sa « Parenthèse Belle Époque » pour une deuxième saison consécutive, jusqu’à mars 2026, en habillant les murs et les détails d’un hommage assumé à l’Art nouveau.

Le champagne ici n’est pas un prétexte. Il sert de fil conducteur à une grammaire visuelle, celle de l’anémone d’Émile Gallé, devenue symbole de la Maison. Le communiqué insiste sur cet ADN : une manière de “révéler la nature” plutôt que de la styliser. On comprend alors l’enjeu réel de ce type d’opération : moins un événement qu’une mise en situation, où la marque cherche à faire coïncider son imaginaire avec un lieu déjà chargé d’histoire.

La scénographie se veut précise, presque muséale, sans tomber dans la reconstitution. Pour cette nouvelle saison, l’espace s’enrichit d’éléments décoratifs inédits : vitraux de lumière, arches ornées d’anémones, alcôve habillée d’une anémone dorée, et une poignée d’objets d’art vintage — des affiches d’archives encadrées, notamment. La pièce la plus “totem” reste la stèle de l’artiste Samantha Kerdine (80 cm), conçue lors de la première édition et destinée à accueillir un jéroboam de Belle Époque 2007 issu de la collection Anémone. Tout cela raconte la même idée : faire du service un décor, et du décor une preuve de continuité.

Le lien entre Perrier-Jouët et Maxim’s est présenté comme ancien : la première cuvée Belle Époque aurait été dévoilée au restaurant en 1969, avec des événements dans les années 1970, puis un dîner en 1983 pour le lancement de Belle Époque Rosé. La Parenthèse, relancée en 2024, revendique cette mémoire, et la transforme en rendez-vous saisonnier. Axelle de Buffévent, Global Culture & Creative Director de la Maison, le formule en creux : l’Art nouveau n’est pas un décor opportun, mais une source.

Il fallait pourtant un geste concret pour éviter le pur “immersionnisme”. Il vient de l’accord culinaire, pensé à quatre mains par Yann Meinsel (Maxim’s) et Sébastien Morellon (Maison Belle Époque) : foie gras et voile de Champagne Grand Brut, chutney mangue et épices, tuile en forme d’anémone, toast brioché. L’ensemble s’accompagne d’une coupe de Perrier-Jouët Blanc de Blancs ou de Perrier-Jouët Belle Époque 2016. Même la programmation musicale se cale sur cette élégance de fond : un pianiste, les jeudis, vendredis et samedis de 20h à 23h, dans un répertoire de reprises pop, musiques de film et standards réinterprétés.

Au fond, cette Parenthèse dit quelque chose d’assez contemporain : le luxe ne “communique” plus seulement, il occupe. Il prend des pièces, des étages, des horaires. Et il mise sur la nuance — celle d’un lieu qui, quand il est bien traité, fait le travail de conviction avant même la première gorgée.

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