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Fashion Week Printemps/Été 2019- Jour 8 Manufacturer l’Indépendance

by Manon Renault
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Le corps féminin a toujours été l’objet d’une science de la culpabilisation : entre vierge et putain, entre mère et amante. La mode libère comme elle perpétue certains stéréotypes concernant les femmes. Parfois , cela nuit gravement à l’évolution des imaginaires collectifs et entrave la crédibilité de causes féministes confondues dans l’archétype d’un féminin figé. S’il y a un an le tout Paris sortait dans la rue pour s’indigner #Metoo, que reste t-il de ces prises de positions? Faire tomber le patriarcat et bla-bla bla ; tout en continuant à représenter la réalité avec une imagerie conservatrice,  y a comme un hic… La mode n’a pas pour responsabilité d’orienter les véhémences militantes,  mais elle possède un pouvoir puisqu’elle touche nos corps et leurs représentations. La coupe d’une robe, d’un jean viendra embellir le corps, le rendre séduisant, ou le rendra raisonnable et effacé. Sexy ou conservateur, raisonnable ou extravagant. Le « Où » : voilà ce qui pose problème. Voila ce que la mode en 2018 transcende. Être féministe c’est avant tout un choix qui s’effectue librement. Alors la mode est-elle féministe ? Quand elle est autonome, et portée par ses propres opinions- Oui sans doute.

Pourtant les manières de délimiter les femmes entre elles, comme juger du vrai et du faux, existent encore. Pour Foucault, les partages d’une société sont révélateurs des rapports de forces, des fractures et de ses représentations. Alors si certains créateurs sortent des partages angluant, le reste du système de la mode entretient-il ce mouvement ?

En 2018 , la mode ressemble t-elle encore à un test pshycho géant ou il faut cochez des cases qui scelleront votre destin ?

À quelles femmes espère t-on faire encore croire cela ? Et Pourquoi ? 

THE SITUATIONIST : Transcender les époques

The Situationist est crée en 2015 par Irakli Rusadze, un jeune créateur Géorgien. Pour la deuxième fois il présente sa collection à Paris. Une collection ou il y a des hommes et des femmes, des robes et des costumes,des tranches cosat et des robes qu’on qualifiera de « sexy » si l’on respecte la grammaire des magazines » féminins ». Le créateur confiait en mars dernier à Fashion Network  « J’ai grandi entouré de femmes géorgiennes qui faisaient face aux défis quotidiens de la Géorgie post-soviétique, où le concept de féminité est directement lié à la force intérieure de la femme (…) C’est pour cette raison que mes habits ne parlent pas de la forme du corps, c’est la forme de la personnalité que je souhaite présenter ». Rien de misérabiliste dans l’esthétique de ces vêtements. Plutôt que de réduire ces femmes à des guerrières affranchies ou victimes – en somme une flopée de stéréotypes, les pièces de cette collection explorent le lien entre l’identité nationale Géorgienne et les constructions identitaires de la jeunesse actuelle. Le résultat de ce dialogue : des pièces monochromes, du tailoring, des constructions géométriques et des lignes fortes.

AGNÈS B : Laisser place aux véhémences du quotidien

Sur « Dreams are my reality » de Richard Sanderson, Agnès B. présente une collection de femmes qui se rêvent, et incarnent des personnages au gré de leurs envies. Au-delà des fantaisies, ce sont des femmes belle est bien vivantes qu’ Agnès B habille. Une mode démocratique qui ne se pose pas de barrières. La cliente Agnès B. qui est-elle ? C’est nous toutes et aucune de nous en particulier.  Parfois c’est Agnès elle-même que l’on croit apercevoir, mais c’est peut-être un mirage. L’indépendance: reste le fer de lance de la maison qui accueille les artistes et conçoit la mode comme un prolongement de leur travail. Les clients sont-eux même des artistes. Rien d’imposé: ils sont libres d’accorder les couleurs, de superposer les couches pour déterminer leur propre version de la chanson et en faire leur réalité. Une collection ou le vichy rencontre les imprimés orientaux, ou les couleurs flashs rencontrent le vert menthe, et robes de soirées et street-wear se portent au gré des envies.  Regarder les images de ce défilé, c’est comme plonger dans le récit d’une vie – une vie affranchie de tous rôles cloisonnants.

ALEXANDER MCQUEEN : Place à Sarah Burton 

Se faire un nom alors que l’aura du fondateur pèse sur les esprits. Un défit : chaque collection est comparée. McQueen aurait-il fait ainsi ? Que retrouve t-on de son esthétique ? Depuis 2010 Sarah Burton s’est peu à peu fait une place dans ce panorama. Pour cette collection elle continue son voyage dans le paganisme britannique- mais elle n’en fait pas un leitmotiv. Une inspiration parmi d’autres qui lui permet de conjuguer des aspects perçus comme antagonistes du caractère des êtres. La fragilité et la puissance, la virtuosité et l’inconstance. Des tenues rigides en cuirs, des corsets , des robes fleuries, jusqu’aux robes de sirènes, Sarah Burton en dessinant pour les femmes, nous dessine aussi Alexander McQueen.

Pour sortir des cases du test Pshycho de votre magazine sans avoir le rôle de La Working Girl, La bomba, ou la mère au foyer désespérée, il vous suffit de vous laissez porter par vos choix, sans peur de l’antagonisme. Être féministe ne revient pas à créer de nouveaux critères normatifs mais à respecter ceux de chacun- et leur pluralité.

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