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Tate Britain | The EY Exhibition: Des Impressionnistes à Londres

The EY Exhibition: Des Impressionnistes à Londres, artistes français en exil (1870-1904)

2 novembre 2017 – 29 avril 2018
Tate Britain | Londres, Royaume-Uni

La guerre franco-prussienne de 1870 fut à l’origine d’une vague d’émigration d’artistes français outre-Manche parmi lesquels Claude Monet, Camille Pissarro, Alfred Sisley, James Tissot. Les influences que Londres et la société britannique eurent alors sur leur travail, l’apparition d’un microcosme d’exilés ayant favorisé rencontres et soutiens, l’influence de certains de ces artistes sur l’enseignement artistique outre-Manche ainsi que la permanence de sujets liés à la capitale britannique sont parmi les thèmes de The EY Exhibition: Impressionists in London, French Artists in Exile (1870-1904). De novembre 2017 à avril 2018, cette exposition réunit une sélection de 100 œuvres clefs et le plus vaste ensemble de Vues du Parlement de Claude Monet depuis 1973 en Grande-Bretagne. The EY Exhibition: Impressionists in London, French Artists in Exile (1870-1904) vise en premier lieu à révéler le regard que les artistes français en exil portèrent sur les codes de la société et de la culture britanniques, notablement différents de la « culture de café » du Paris et de la France de l’époque. D’évocatrices représentations de scènes de parcs – telle que Kew Green de Pissarro (1892) – figurent à ce titre dans l’exposition. Elles offrent l’illustration d’une atmosphère différente de celle des jardins publics parisiens où marcher sur les pelouses était interdit. Des scènes de régates par Alfred Sisley et James Tissot témoignent également de la façon dont les traditions et les usages britanniques suscitèrent l’intérêt des artistes impressionnistes. Durant leurs séjours à Londres, certains artistes récréèrent un microcosme de nationaux dans lequel des personnalités de premier plan les aidèrent à développer leurs carrières et leur apportèrent soutien financier. L’exposition se penche notamment sur le rôle de mentor que joua Charles-François Daubigny à l’égard de Claude Monet et révèle le rôle essentiel du chanteur d’opéra et mécène Jean-Baptiste Faure, dont des œuvres de sa collection personnelle – Molesey Weir, Hampton Court, Morning 1874 – sont présentes dans l’exposition. Celle-ci consacre par ailleurs un focus au marchand d’art Paul Durand-Ruel. En effet, ce fut à Londres en 1870- 71 que le grand marchand des Impressionnistes fit pour la première fois la rencontre de Monet et de Pissarro. Durand-Ruel devait par la suite au cours de sa carrière acquérir plus de 5.000 œuvres impressionnistes, ce qui, de l’aveu même de Monet permit à ces artistes de ne pas mourir de faim. Par ailleurs, les séjours de Jean-Baptiste Carpeaux à Londres, organisés dans le but de rester proche de son grand mécène, l’ex-empereur Napoléon III, sont également rappelés au sein de l’exposition. Une partie de l’exposition est également consacrée au rôle méconnu que certains artistes français eurent sur l’enseignement des beaux-arts en Grande-Bretagne. Peintre et graveur, professeur à la Slade School de Londres de 1876 à 1893, Alphonse Legros eut une influence notable sur l’enseignement de l’art en GrandeBretagne. Celle-ci fut notamment décisive sur la représentation de la vie paysanne comme en témoigne The Tinker, une toile de 1874. Legros présenta aussi ses mécènes, Constantine Alexander Ionides et George Howard, 9ème comte de Carlisle, au sculpteur Aimé-Jules Dalou qui, avec Edouard Lantéri, autre sculpteur en exil, influencèrent fortement l’enseignement du modelé en Grande-Bretagne. La dernière et plus importante partie de l’exposition est consacrée à la Tamise. Elle présente notamment la plus grande réunion de représentations du parlement de Londres depuis 1973. De telles vues de la Tamise et de Londres devinrent un thème récurrent pour les artistes français. Une sélection de toiles d’André Derain sur le même sujet, exécutées des décennies plus tard en réponse directe à celles de Claude Monet, en démontre ainsi la permanence. L’exposition se conclue avec L’Entente Cordiale de Monet qui marqua le point culminant du projet artistique entamé par le peintre en 1870. The EY Exhibition: Impressionists in London, French Artists in Exile (1870-1904) a pour commissaire Caroline Corbeau-Parsons en collaboration avec le Petit Palais et Paris Musées. L’exposition est accompagnée d’un catalogue illustré et d’un programme de conférences et d’événements à la Tate Britain.

 

Claude Monet (1840-1926)
Le Parlement, effet de soleil, 1903
Huile sur toile
813 x 921 mm
Brooklyn Museum of Art, New York

Alfred Sisley (1839 – 1899)
Molesey Weir, Hampton Court, Morning, 1874
Huile sur toile
511 x 688 mm
National Galleries of Scotland (Edimbourg, Royaume-Uni)

Claude Monet (1840 – 1926)
Leicester Square, 1901
Huile sur toile
805 x 648 mm
Coll. Fondation Jean et Suzanne Planque (in deposit at Musée Granet, Aix-en-Provence)
Photo: © Luc Chessex

Camille Pissarro (1830 – 1903)
Kew Green, 1892
Huile sur toile
460 x 550 mm
Musée d’Orsay (Paris, France)

Camille Pissarro (1830 – 1903)
Saint Anne’s Church à Kew, Londres, 1892
Huile sur toile
548 x 460 mm
Collection particulière

Claude Monet (1840 – 1926)
Charing Cross Bridge, 1899 – 1902
Oil paint on canvas
650 x 1000 mm
Private collection

James Tissot (1836-1902)
Bal sur un bateau, c.1874
Huile sur toile
1012 x 1476 x 115 mm
Tate
Presenté par les Trustees du Chantrey Bequest 1937