POLISSE : Si tu suces pour un portable, qu’est-ce que tu ferais pour un ordi ?

Paris, le 1er novembre 2011 (fête catholique de la Toussaint),

Film français de Maïwenn avec Karin Viard, Joeystarr, Marina Foïs, Frédéric Pierrot, Nicolas Duvauchelle, Naidra Ayadi, Maïwenn. (2 h 07.)

Le deal-du-jour : ne pas nier, mais laisser derrière soi l’énergie des critiques assassines sur le simplisme émotionnel du scénario, et l’inconsistance des histoires de cœur qui s’y trament (c’est le jeu, c’est le jeu), et – assez comme tout le monde – s’inscrire dans la longue file d’attente.

« Un ange dans le ciel » et « Check the flow » dans les oreilles, histoire de s’ambiancer de comment y disent ici les jeunes, on essaye de rassembler corps-esprit pour mettre en mots les deux heures qu’on vient de (mal de) vivre.

Le tempo y est aussi rythmé qu’une course à pied niveau confirmé. Et si ça se joue surtout au mental (normal, quand ça parle viol, pédophilie, inceste, fantasmes et autres bizarreries à la-Alice au pays des merveilles), il ne faut pas oublier toutefois la réalité hyper physique du film. Celui ou celle qui a déjà essayé de rester au moins 30 bonnes minutes sur un Power Plate® aura une vague idée de l’état d’instabilité dans lequel on sort du film… Fourmillements dans les jambes, douleur abdominale aiguë & Co.

Plonger en apnée dans la Brigade « Paris-Nord » de Protection des Mineurs, BPM pour les initiés, implique de se boucher les oreilles à l’écoute des larmes grasses du futur orphelin mais aussi d’attraper un fou rire – très costaud – à l’anecdote de la jeune « qui suce » pour récupérer son portable volé, parce que c’est « quand même un beau portable »… Ou comment mieux vivre avec les nouvelles technologies, ça laisse songeur…

Là où le film ne joue pas que sur du velours, et vient froisser la partition par des notes plus rugueuses et graves, contrairement aux critiques qui fusillent l’unanimité massivement gagnée par la mise en scène des policiers défenseurs des enfants contre les grands méchants pervers pédophiles, se construit autour des prémices d’une lame de fond plus puissante sur la douloureuse question de la pédophilie entre maladie et déviance sexuelle.

A voir, ou à revoir…

Elisa Palmer

Bande Annonce de Polisse de Maïwenn

3 Comments

  1. Si tu savais…

  2. Le film n’est pas lisse du tout, je suis bien d’accord avec vous. J’ai adoré. Je trouve que de minute en minute, on plonge vraiment dans quelque chose qui se fait intense, puissant et sans détour. La réalisatrice, sans les mots, avec intuition et nez, nous emmène avec elle dans quelque chose de grand. Très grand film.

  3. J’ai aimé ce film – après ta critique -.
    Je t’embrasse,
    F.

%d blogueurs aiment cette page :